70 ans de télévision

L'Ina conserve les émissions de télévision produites par les chaînes publiques depuis l'après Seconde Guerre mondiale. A ce fonds historique s'ajoute, depuis 1995, le fonds versé au titre du dépôt légal de la radio-télévision et constitué de la captation en continu de plus de 100 chaînes.

La télévision publique depuis 1945

Héritier en 1975 des archives de l’ORTF, l’Ina conserve l’ensemble du fonds constitué depuis les débuts effectifs de la télévision en France, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Ce patrimoine, mémoire des grandes heures de la télévision, et particulièrement de la période des pionniers, est constitué de fictions, de documentaires, de magazines et de journaux d’actualité, d’émissions de divertissement, de talk-shows et de retransmissions.

Les programmes sont issus des chaînes suivantes :

  • Première chaîne de la Radiodiffusion française (RDF), de la Radiodiffusion-télévision française (RTF, à partir de 1945) puis de l’Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF, à partir de 1964) puis TF1 (à partir de 1975, privatisée en 1987).
  • Deuxième chaîne (créée en 1963) puis Antenne 2 (1975) puis France 2 (1992).
  • Troisième chaîne (1972) puis FR3 (1975) puis France 3 (1992).

L’activité d’archivage de la télévision naît du besoin des chaînes de réutiliser certains documents pour illustrer le journal ou pour les rediffuser. La collecte des premiers "bobineaux film" permet ainsi de former un embryon de cinémathèque à partir de 1952. Avec la création de la deuxième chaîne, en 1963, ce service doit faire face à un afflux de programmes. Il faut cependant attendre la fin de l’année 1970 pour que l’ORTF s’empare de la question des archives et mette en place le Service central de conservation des archives audiovisuelles.

Pour les premières années, en l’absence de procédés d’enregistrement, seuls les films ont été conservés. L’invention du kinéscope, au début des années 1950, permet de conserver une trace des émissions diffusées en direct. Pour certaines émissions, les seules traces sont des photographies de plateau.

Un vaste plan de sauvegarde et de numérisation lancé en 1999, a permis de transférer ces fonds de leurs supports d’origine, devenus obsolètes et souvent uniques, vers des formats numériques. Outre leur survie, cette opération, qui se poursuivra jusqu’en 2021, doit permettre de multiplier leur exploitation, tant auprès des professionnels que du grand public.

 À voir sur ina.fr, des entretiens avec Pierre Tchernia, Claude Santelli, Marcel Bluwal, etc. : l'histoire de la télévision  racontée par ceux qui l'ont faite.

Les grandes étapes du dépôt légal depuis 1995

A partir de 1995, les programmes des sept chaînes nationales hertziennes font l’objet d’une conservation dans le cadre du dépôt légal de la radio-télévision, mis en place par la loi du 20 juin 1992 et confié à l’Ina.

Le dépôt légal stricto sensu oblige les diffuseurs à un versement des programmes d'origine française en première diffusion, et un échantillonnage quotidien pour les journaux télévisés, annuel pour les jeux et les retransmissions sportives. Il porte aussi sur un dépôt de sept journées témoins, chaque année, reprenant l'intégralité d'une journée de diffusion pour toutes les chaînes.

La collecte mise en place dans le cadre du dépôt légal de l’audiovisuel s’est étendue progressivement aux chaînes du câble, du satellite et de la TNT gratuite ainsi qu’ aux stations régionales.

Ce périmètre de captation va connaître plusieurs extensions et évoluer, bien entendu, au rythme de l’existence des chaînes elles-mêmes.

  • Du 1er janvier 1995 au 1er janvier 2002 : démarrage et établissement des processus et méthodes du dépôt légal pour les 7 télévisions hertziennes.
  • A partir du 1er janvier 2002 : toutes les chaînes sont collectées 24 heures sur 24 : passage à la captation réalisée à l’Ina 24h/24 et 7j/7, import de métadonnées, conservation en fichiers nativement numériques.Ces évolutions permettent une extension aux 12 chaînes historiques du câble et du satellite, prolongée en septembre 2003 par 22 nouvelles chaînes TV, 3 radios périphériques et 8 radios FM.
  • A partir de 2005 : captation dès leur création des 8 nouvelles chaînes de la TNT, puis 8 chaînes supplémentaires en 2012. Parallèlement, les processus de documentation évoluent.

Aujourd’hui, ce sont 103 chaînes de télévision qui sont collectées quotidiennement : chaînes généralistes, thématiques, chaînes d’information en continu, de sport, de musique, pour la jeunesse, etc.

La collecte effectuée dans le cadre du dépôt légal n’a pas pour objectif une exploitation professionnelle des archives par l’Ina, qui ne détient pas les droits des émissions conservées. Leur consultation est réservée aux chercheurs et aux étudiants menant des recherches dans le domaine de l’audiovisuel.

Le fonds du Service d'observation des programmes

L’Ina est également dépositaire du fonds du Service d'Observation des Programmes, ancêtre du CSA, regroupant l'enregistrement intégral des journées de diffusion des chaînes nationales hertziennes de 1986 à 2001 pour TF1, France 2 et France 3 et de 1992 à 2001 pour Canal+, Arte et M6. Ce fonds représente environ 500 000 heures de programmes sauvegardées en numérique. 

Les chaînes régionales publiques métropolitaines

Témoignage de la richesse et de la diversité de la vie de nos régions, les collections régionales sont constituées de journaux, de magazines d’actualité et d’émissions en langues régionales, comme l’Alsacien, le Breton, l’Occitan ou le Basque.

Le fonds rassemble des programmes diffusés sur les chaînes régionales de la RTF, de l’ORTF, de FR3 puis de France 3. Les fonds les plus anciens remontent au tout début des années 1950.

Depuis décembre 2007, les 24 chaînes de France 3 régions sont entrées dans le périmètre du dépôt légal.

Les chaînes régionales publiques d'Outre-mer

Au titre des archives professionnelles, les émissions produites dans les DOM-TOM depuis plus de 50 ans (sous l’égide de l’ORTF, de FR3 DOM-TOM puis de RFO, aujourd’hui réseau Outre-mer 1ère) ont été conservées dans les emprises des différentes stations (9 en tout, auxquelles s’ajoute le siège de Malakoff).

Depuis 2006, date d’une première expertise menée dans six stations, l’Ina a mis en évidence les dangers de dégradation et de pertes de contenus si la sauvegarde n’était pas engagée de toute urgence pour les fonds dits "anciens".

De 2008 à 2009, les supports "historiques" (film, bandes 1 pouce et cassettes ¾ pouce) couvrant les années 1975 à 1985, ont été rapatriés en métropole pour être numérisés.

Depuis 2012, une opération de sauvegarde des fonds "récents" (cassettes Béta et DVC Pro) a été lancée (voir le film ci-dessous). Ces fonds, conservés pour l’essentiel dans les neuf stations d’Outre-mer, sont régulièrement réutilisés. Ces 200 000 documents, représentant environ 135 000 heures, sans compter les nouvelles émissions et toute la production du siège, à Malakoff, sont traités sur place.

Entre 2013 et 2018, la numérisation de cette formidable ressource audiovisuelle est réalisée dans chaque station sur une durée moyenne de 9 mois.

France Ô (chaîne du groupe France Télévisions) entre dans le périmètre du dépôt légal fin 2007 ainsi que les 9 chaînes d’Outre-mer depuis janvier 2015.

Les chaînes internationales

Depuis 2006, trois chaînes d’information internationale sont captées afin de fournir aux chercheurs de nouveaux éléments de contexte : BBC World, CNN international et Al Jazeera.

La publicité

Le fonds publicité de l’Ina représente quelque 330 000 spots diffusés à la télévision française depuis le 1er octobre 1968, date de la première diffusion d'une publicité de marque. Il se compose de trois fonds :

  • le fonds RFP (Régie Française de Publicité), 25 500 spots, comprenant également quelques campagnes d'intérêt général et des publicités collectives dites « publicités compensées ») : il couvre la période allant de 1968 à 1984.
  • le fonds rassemblé par la SECODIP, soit 33 300 spots, diffusés entre 1985 et 1994.
  • le fonds collecté au titre du dépôt légal depuis 1995, qui comprend tous les spots de production française collectés auprès de l'ARPP (ex BVP) s'enrichit d’environ 20 000 spots chaque année.

Les fonds publicitaires 1968-2006 sont consultables sur le site ina.fr.

Les clips vidéo

Egalement dans le cadre du dépôt légal, l’Ina conserve les clips musicaux d'origine française en première diffusion depuis le 1er janvier 1995 soit à ce jour 5 000 clips.

Les productions de l’Ina

Depuis 1975, l’Ina a produit plus de 2400 documentaires et fictions, qui enrichissent également ses collections. Il s’agit de documentaires de création, qui ont vu de grands réalisateurs, comme Jean-Luc Godard, Benoît Jacquot, Raoul Ruiz (ci-dessous, La vocation suspendue, 1978), mais aussi Robert Bober, Dominique Gros, Chantal Akerman, André S. Labarthe ou Rithy Panh se livrer à des expérimentation pour la télévision, explorer leur imaginaire ou rendre compte de l’actualité du spectacle vivant et de l'art contemporain.

Poursuivant certaines missions du Service de la recherche de l’ORTF, l’Ina a également réalisé de nombreux entretiens patrimoniaux avec des personnalités éminentes, sur les thèmes de la télévision, du spectacle vivant, de l’historiographie, de la musique et de la danse. Une collection d’une centaine de témoignages de rescapés de la Shoah a également été produite en 2006, parmi lesquels ceux de Roman Polanski, Georges Kiejman ou Marceline Loridan-Ivens.

Plus récemment, 1000 captations de témoignages de victimes et témoins des attentats du 13 Novembre 2015 ont été réalisés dans le cadre du programme "13-Novembre" porté par le CNRS et l’INSERM.

L'Ina accueille par ailleurs des fonds liés à la télévision sous forme de mandats.

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